Michel - F4HDF - Radioamateur et Bricoleur

Petite histoire ou chronique d'un apprentissage difficile:

Afin que ceux qui ont des difficultés se sentent moins seuls, voici un résumé chronologique des diverses étapes par lesquelles je suis passé. Ce sera aussi l'occasion de préciser ce qui m'a aidé dans ce long parcours.

C'est en 1968, alors que mon lycée était fermé pour cause de grève, que j'ai découvert sur un vieux bcl à lampes les qso en AM sur 40m entre F9OV, F9TO, F8PE et d'autres dont j'ai oublié les indicatifs.
Mon récepteur étant dépourvu de bfo, je ne pouvais percevoir la cw à proximité que sous forme de souffle mais c'était suffisant pour me donner envie d'en savoir plus.
Armé du Petit Larousse ouvert à la page de l'alphabet Morse ainsi que d'un manipulateur et un buzzer rapidement improvisés je pensais apprendre le code en quelques semaines.
Inutile de dire que je fus vite déçu, l'expérience n'allant pas au-delà de la découverte du principe et de la prise de conscience de la difficulté à acquérir ce langage.

Ce n'est que 10 ans plus tard, donc en 1978 que j'ai fait une 2eme tentative. En effet, je me trouvais alors en Afrique et ressentais l'envie de devenir radioamateur pour garder un contact avec la France. Comme les VHF ne sont pas d'une grande utilité au sahel, je ne pouvais éviter l'examen de télégraphie.
Equipé d'une méthode sur cassettes, j'ai pu acquérir l'ensemble des caractères à 5 mots par minute mais je n'ai jamais réussi à aller plus vite ! Après une interruption, j'ai tout oublié et tout repris à zéro l'année suivante pour me retrouver à nouveau bloqué à cette vitesse et donc incapable de passer l'examen ou de copier le moindre qso.

A la fin des années 80, quelques années après mon retour en France, l'informatique offrant plus de souplesse, je tentais à nouveau l'expérience à l'aide du logiciel "The Mill" fonctionnant sous DOS.
Les résultats ne furent guère meilleurs, toujours insuffisants pour décoder un qso ou passer l'examen à 10 mots par minute

J'ai recommencé ainsi plusieurs fois avec différents logiciels et diverses méthodes semblables à celle des cassettes.
A chaque fois j'ai renoncé devant l'impossibilité d'atteindre le niveau minimal de l'examen dans un délai raisonnable
, lassé de remplir des cahiers sans constater de réels progrès.
A signaler, un exercice facile qui m'a fait progresser, même si cela n'a pas suffit: Il consistait à manipuler dans ma tête le texte des panneaux de signalisation ou des enseignes que je voyais sur la route, ou même les plaques d'immatriculation de quelques véhicules croisés.
J'ai aussi essayé, à partir de logiciels, d'enregistrer des suites aléatoires de caractères sur cassettes, mais leur écoute ne m'a pas apporté grand chose faute de pouvoir vérifier si je décodais correctement ou pas.

Plus récemment, en 2012 alors que j'étais à la retraite depuis quelques années, je me décidais enfin à devenir radioamateur sans renoncer à la cw bien que celle-ci ne soit plus indispensable.
Ainsi fin 2012 je recommençais une n-ième fois à zéro en écrivant ces satanés groupes de 5 lettres. Il me fallait tout de même quelques mois pour réapprendre la totalité du code avant de buter comme d'habitude sur la prise de vitesse.
C'est en mai 2013 que j'ai découvert la méthode auditive de Serge F6IXH dans laquelle chaque lettre est manipulée à environ 12 mots par minute puis épelée. Plus besoin de crayon, il suffit d'écouter en essayant de reconnaitre chaque caractère avant qu'il ne soit épelé. J'ai vite éprouvé le besoin d'accélérer la méthode, je l'ai portée à 16 mots par minute avec l'éditeur audio "audacity". Après quelques mois et quasiment sans effort supplémentaire j'arrivais enfin à prendre à 12 mots par minute, avec encore pas mal d'erreurs, mais ç'était suffisant pour tenter quelques qso.
Après un premier qso avec Serge, j'ai pu participer modestement au championnat de France en fin janvier 2014. Ce concours est particulièrement intéressant pour les débutants car il n'y a pas de numéro d'ordre à gérer, on ne passe que son numéro de département.

S'est ensuite posé à nouveau le problème de la vitesse, comment aller au delà des 12 mots par minute ? J'ai fait une dernière tentative avec des exercices écrits. D'abord la méthode distribuée par l'UFT, puis des exercices sur ordi ainsi que quelques qso laborieux.
Un an plus tard, à raison de 15min de cw après chaque repas,les progrès étaient juste perceptibles. C'est vous dire à quel point je suis sous-doué !
La seule possibilité qui me restait était une méthode auditive plus rapide, et comme je n'en ai pas trouvé je l'ai réalisée moi-même. Partant du dictionnaire de la suite Libre Office, à l'aide de quelques scrips shell sous Linux, j'ai supprimé les accents puis classé les mots suivant leur longueur. Ensuite j'ai éliminé manuellement ceux qui ne me parlaient pas de façon à ne conserver que des mots faciles à identifier. Un autre script permet alors de choisir des mots de façon aléatoire dans un fichier, et éventuellement de les répéter. Enfin le logiciel "cw2mp3" d'Eric Shalov manipule tout ça à la vitesse souhaitée. Un dernier script permet de répéter l'opération autant de fois que nécessaire pour obtenir un certain nombre de fichiers semblables qui seront lus de façon aléatoire par un lecteur mp3.
Ce sont ces exercices que je vous propose à 18 mots par minute puis à des vitesses plus élevées.

Depuis lors, je pratique uniquement cette méthode. De même en qso j'essaie de ne noter que l'essentiel comme on le fait en phonie. J'ai peu progressé à l'écrit, en revanche j'arrive à suivre certains qso à vitesse modérée sans papier ni crayon alors que j'en étais totalement incapable avant d'avoir utilisé ces méthodes auditives.
J'écoute souvent les bandes en bricolant, même si je n'en décode que 20% j'arrive à savoir quelle est la nature du trafic, à prendre au moins les préfixes et à voir si je suis en mesure de prendre le manip.

Il faudra bien que je devienne centenaire pour espérer être un jour un bon télégraphiste !
Mais ne perdons pas espoir, si j'ai réussi à acquérir le minimum, je dois pouvoir progresser et tout le monde peut y arriver !